Extraits du livre de Charles Maurras ; éd. Nouvelle librairie nationale, Paris, 1916
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[En vert : commentaires propres au blog]
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_ Quand les Français ne s’aimaient pas, ils ne pouvaient rien souffrir qui fût de leur main, ni de la main de leurs ancêtres : livres, tableaux, statues, édifices, philosophie, sciences. Cette ingratitude pour leur patrie était si farouche qu’un étranger a pu dire que leur histoire semblait écrite par leurs propres ennemis. Ni les arts, ni les lettres, ni les idées ne trouvaient grâce, à moins de venir d’autre part. [Préf. p. VII]
¤ Rien n’a changé : auto-flagellation morale, lois mémorielles, commémorations « nouvelles », excuses en tous genres et reniement des hommes et valeurs qui ont fait notre histoire.
_ Sans perdre un seul instant de vue que la raison et l’art ont pour objet l’universel, nous remettions au jour les services et les hommages rendus à la beauté et à la vérité par les hommes de sang français. Nos déductions s’étaient nourries des caractères historiques et territoriaux de la France : les pays et les races, les provinces et l’état, les archives et les légendes, l’ample trésor des idées, de la poésie et des arts. Ce patriotisme d’origine immatérielle devait en devenir le plus réaliste de tous. [Préf. p. XV et XVI]
_ (…) notre Armée française, notre Comédie-Française (…), notre Institut de France (….), nos Syndicats agricoles français. Tout cela est très menacé. Tout cela est très peu défendu. C’est la condition générale de tout ce qui compose notre France aujourd’hui. Le dernier des Français pourra écrire sur la dernière glèbe française : « Nous n’avons pas assez défendu ce qui nous était commun. Nous ne nous sommes pas assez défendus en tant que nous-mêmes. » [Chap. VI, p. 49]

¤ Les chantres de la mondialisation, de l’uniformisation des corps et des esprits, ceux à qui l’idée-même de Nation fait horreur poursuivent leur travail de sape : face à eux, les nationaux constituent le seul rempart.
_ La vie est traversée, çà et là, d’éclairs favorables. Il arrive qu’une vérité puisse avoir, comme disait Dante, son cri. Nous vivons dans le temps propice. Nés en 1830, nous aurions pu crier durant une vie d’homme que le goût national devenait barbare, (…) ; notre réclamation aurait été (…) inutile (…). Les mêmes paroles, moins fortement dites ; mais dites à un meilleur moment semblent avoir porté leur fruit. [Chap. X, p. 121]
¤ En cultivant cet exemple, les porte-parole des valeurs nationales pourront un jour saisir la chance qui ne manquera pas de se présenter à eux.
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La réforme de la nation française commencera par la réforme du gouvernement de la France ; mais, pour que cette réforme initiale soit, il convient qu’une élite, aussi petite que la fera le hasard, mais dont l’influence peut être sans bornes, s’exerce à penser et à sentir en commun, afin de réagir de même.
¤ Cette « élite » capable de sauver la nation française existe déjà : au sein des grands partis nationaux-souverainistes, comme dans celui de formations plus petites, à qui l’on ne peut que souhaiter qu’elles acquièrent une « influence sans bornes » : le RIF pourrait par exemple constituer une légitime figure de proue.
_ Un parti de politiques, au vingtième siècle, aura à tenir la double tâche des Israélites du temps d’Esdras : d’une main la truelle, de l’autre l’épée. Il faudra agir, en même temps que penser, en prenant surtout mille soins de ne point agir avant d’avoir pensé avec attention et étude. [Chap. XVI, p. 179]
¤ Tel est donc le défi : construire et se battre. Résister, vaincre le poison mortel de la dilution de l’idéal national ; puis rebâtir une France nouvelle, sur les fondations d’une France retrouvée.
_ (…) quand le catholicisme ne devrait pas reconquérir son hégémonie d’autrefois, il ne serait pas démontré qu’une autre doctrine ne pût rallier les esprits et suggérer une unité de conscience toute nouvelle. Il y aurait l’Islam, si le positivisme n’existait pas.
¤ « Il y aurait l’Islam » : en 1916, les capacités de fascination de l’Islam sur les masses étaient déjà évidentes pour les esprits acérés. Le coup vient donc de loin, mais chaque droit-de-l’hommiste, chaque gauchiste, chaque « citoyen du monde », feindra la surprise, le jour où le fer et le feu de l’Islam s’abattront sur notre pays, et y exerceront un joug total.

_ (…) on peut être sûr de ceci : quoi qu’il advienne et quelque paix qui nous soit promise, ni le drapeau jaune du pape, ni les étendards verts de Mahomet ou d’Auguste Comte ne triompheront sans de rudes combats et « jamais, jamais en France », jamais ne régnera sérieusement le principe métaphysique de la Liberté ou de l’Egalité des droits de toutes les doctrines. [Chap. XVII, p. 214]
¤ Un siècle après ce livre, « l’Egalité des droits des doctrines » reste un songe : loi Gayssot, loi Taubira, HALDE, apôtres de la discrimination positive, icônes de la bonne conscience, et autres professionnels médiatiques du formatage des esprits, continuent d’exercer leur terrorrisme intellectuel sur les tenants de la cause nationale.
_ Une élite digne de ce nom ne se maintient pas au pouvoir en sacrifiant tout, même l’ordre, même l’avenir national, aux envies et aux convoitises du nombre. [Chap. XVII, p. 220]

De Giscard d’Estaing à Sarkozy, en passant par Mitterrand et Chirac : la boucle des fossoyeurs de la France est bouclée !
_ La pire organisation est une chose humainement supérieure à l’absence d’organisation. La pire tyrannie asiatique a plus avancé les affaires du monde que l’état délabré des sociétés sans forme ni lois qui, nées dans la sauvagerie, se sont perpétuées de même jusqu’à nous. [Chap. XIX, p. 252]
¤ Le souci n’est pas tant que ces sociétés se soient perpétuées dans leur état quasi originel jusqu’à nous -- un modèle de civilisation ou d’existence en vaut un autre : c’est bien plutôt le fait que leurs représentants s’échinent à sortir de leur civilisation non par les inspirations de tout un peuple uni dans l’effort, mais par simple « déménagement » sur des territoires façonnés et mis en valeur, durant des millénaires, par des générations d’indigènes « gaulois ». Le choc culturel et civilisationnel devient alors inévitable. Et du choc à la guerre…
Dessin :
Konk
_ Tenir un principe pour évident et en esquiver les conséquences régulières, c’est le dernier degré d’abjection pour l’esprit humain. [Chap. XIX, p. 258]
¤ Gauche et droite confondues, c’est également ce qui caractérise bon nombre des politiciens « responsables » de l’avenir du pays…
_ Il n’y a plus que le parti national et l’autre. Telle est la physionomie de la France contemporaine. [Chap. XXIII, p. 295]
_ A moins de croire à quelque « Evangile éternel », comment rêver que les riants jardins de la vie occidentale moderne n’allument plus, tant qu’il y aura dans le monde un sabre, un fusil ou une zagaie (…) le désir naturel et pieux de consommer des biens que l’on n’aura pas fabriqués ? Ah ! Défendons-nous des barbares ! [Chap. XXIII, p. 204]
_ (…) le fait sur lequel on dispute, sur lequel on hésite, sur lequel on s’est divisé. (…) c’est le fait de désaccord, le cas de conflit entre l’intérêt national et l’intérêt juridique, entre les exigences de la patrie ou de l’état et celles de l’humanité. Nous dirons parbleu : la patrie et l’humanité ! Mais quand les évènements disent : la patrie ou l’humanité, que faut-il faire en ce cas-là ?
Ceux qui disent (…), France d’abord sont les patriotes ; ceux qui disent la France mais… sont les humanitaires.
Rappel aux fâcheux : le patriotisme
… n’est pas question de couleur
Les humanitaires ne sacrifient pas la France à l’humanité, ils se contentent de l’y soumettre. [Chap. XXVI, p. 326]
(_ …) se produit un engouement pour tout ce qui est contraire au sentiment national ; je ne parle, il est vrai, que d’esprits cultivés, mais sots ; de sensibilités fines, mais indigentes : le peuple n’est pas entamé, malgré la déclamation internationaliste ; et, malgré la folie cosmopolite, les vrais « intellectuels » tendent à reprendre une conscience énergique de leur race et de leur milieu les plus prochains. [Chap. XXX, p. 367]
_ Un mauvais gouvernement, un gouvernement extra national, un gouvernement qui a d’autres guides que l’intérêt de la nation et qui se montre ainsi trop bon pour l’étranger, laisse par la force des choses à ses particuliers le soin de défendre les intérêts communs alors le patriotisme s’éparpille ; il s’exhibe à tout propos, à nul propos, dans les manifestations des citoyens ; il se distribue au hasard et avant l’heure, en sorte que ce précieux sentiment (…) se trouve dilapidé, presque sans emploi utile.
¤ D’où l’intérêt pour les vrais patriotes de poser un mouchoir pudique sur leurs différences de chapelles, et de réfléchir ensemble à ce qu’il conviendra de faire pour servir au mieux, et le plus tôt possible, les intérêts des français.
